Chateau de Chambord (photo Dominic Hofbauer)

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Durant cette période, l’occupation du château par Maurice de Saxe constitue une période intense et faste pour Chambord. Il n’est donc pas surprenant que les différents types d’objets découverts renvoient à ceux inventoriés après le décès du maréchal en 1750. Cet état des lieux nous apprend que chaque chambre disposait d’une chaise de commodité et d’un nécessaire de toilette. Au total, on comptait environ 80 pots de chambre et autant de pots à eau, assortis de cuvettes. Il est aussi question de seaux à laver les pieds et, plus spécialement pour les femmes, de pots de chambre « à la Bourdaloue », ainsi que de chaises de propreté (bidets) : « … une chaise de commodité de bois de noyer garnie de son pot de fayance, un pot à eau et sa cuvette, un pot de chambre à la bourdaloue aussi de fayance[…] meublant les appartemens et logemens du Régimens de Saxe volontaire… ».

Par ailleurs, décrivant la batterie de cuisine, l’inventaire insiste sur les objets de cuivre, mais parle hélas peu des objets en céramique. Il n’évoque qu’un grand coquemar, certainement en terre cuite vernissée, quatre terrines et une cruche en grès. Pourtant, ces ustensiles de cuisines étaient alors très fréquents et variés. Les fouilles en ont livré une cinquantaine d’exemplaires : plats, assiettes, pichets, jattes, coupelles, seaux à rafraîchir, pots à cuire ou à conserve, poêles et poêlons, écuelles, faisselles, terrines, saladiers…. Pour le service de table du maréchal, l’inventaire mentionne aussi plusieurs douzaines d’assiettes, des plats, des saladiers, et des seaux à rafraîchir (sans plus de précision), dont plusieurs spécimens sont apparus sous les truelles, avec des verres et des bouteilles. Deux d’entre elles sont effectivement décorées aux armes de Maurice de Saxe.

La localisation du mobilier archéologique découvert dans les fosses indique que l’on est ici en présence d’un ensemble redéposé, sans doute lors d’un curage opéré à l’extrême fin du XVIIIe siècle, ainsi que l’indique une pièce de monnaie. En outre, un extrait de compte mentionne un curage des petites fosses en 1690, suite aux passages de louis XIV à Chambord. Les objets retrouvés y ont ainsi été jetés durant le siècle qui séparait les deux opérations d’assainissement.

On compte parmi les objets retrouvés la plupart des éléments de vaisselle et de cuisine en usage au XVIIIe siècle … en céramique commune, en grès, en faïence et en porcelaine. Le château connaît alors plusieurs périodes d’occupation, et une étude céramologique finale pourrait permettre de retrouver les ateliers de production et, par là même, de distinguer la vaisselle datant des différents séjours :

- Stanislas Leszczynski, roi de Pologne en exil, séjourne à Chambord de 1725 à 1733,
- en récompense de ses victoires militaires, le comte maréchal Maurice de Saxe est nommé gouverneur à vie de Chambord par Louis XV en 1748. Il y meurt en 1750.
- son neveu, le comte de Friesen, s’y installe de 1750 à 1755,
- le duc de Polignac est nommé gouverneur du château en 1784, charge qu’il conserve jusqu’à la Révolution.

Les objets découverts : les dessous de la vie de château

Outre leur fonction d'hygiène, les fosses d'aisance ont constitué les poubelles de Chambord à travers les siècles. Les fouilles du Louvre et de Vincennes ont montré à quel point l’étude archéologique de ces lieux parfois dépréciés pouvait se révéler riche d’enseignements multiples et inédits. A ce stade, les fouilles menées à Chambord ont permis de recueillir un grand nombre de tessons de céramique et de verre, et de recueillir les fragments de près de 200 objets. De nombreux autres objets de la vie quotidienne, parfois insolites, sont apparus sous les truelles des archéologues : pipes, pièces de monnaies, encriers, peignes, jeux de dés, … ainsi que des résidus culinaires, ossements, écailles de poissons, coquilles d’huîtres. Découvertes dans les strates du XVIe siècle, ces coquilles correspondent peut-être au repas de mi-carême que prit François 1er à Chambord en 1545, dont le menu fait mention d’huîtres rôties...

Seau à rafraîchir, plat et pot de chambre « à la Bourdaloue » (XVIIIe siècle)

Tri et recollage des tessons lors des fouilles de l'été 2001. De gauche à droite : Max Gillespie, Jean-Sylvain Caillou, Estelle Géraud.

Porcelaine, dés à jouer et pipe découverts lors des fouilles de l'été 2001.

 
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