Chateau de Chambord (photo Dominic Hofbauer)

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Seuls en ces lieux aimant la solitude
Nous profitons d’un moment de loisir
Pour livrer nos cœurs comme à notre habitude
A leurs reflections, tel est notre seul plaisir
Defeings 

1845


 

 

 

 

 

Relevé de la nouvelle cavité par Pierre Mahy (INRAP)

Sondages de prospection à l’épicentre d’une anomalie microgravimétrique dans l’aile royale.
Bancs d’aisance mentionnés sur un ancien plan, et anomalie microgravimétrique dans la zone des prospections géophysiques.

 

 

 

La fosse d’aisance du roi (et du poète disparu)

Au terme de la construction de l’aile royale, les appartements de François 1er étaient situés au premier étage de la tour de l’angle Nord. Au second étage, les vestiges d’un lieu d’aisance et la présence d’un conduit vertical ménagé dans l’épaisseur des murs de cette tour laissent supposer l’existence d’anciennes commodités, absentes des plans connus, et vraisemblablement reliées à une fosse souterraine.

En 1999, une campagne de prospections géophysiques menée à proximité du conduit confirme la présence d’une anomalie. Un premier forage confirme l’existence d’une salle souterraine. Un second forage permet l’introduction d’une caméra et d’un éclairage, qui dévoilent l’emplacement de l’accès d’origine, recouverte d’une épaisse dalle de pierre. Le sol de tomettes est ensuite découpé afin d’extraire la dalle, et de dégager l’ouverture originelle.

Le 27 juin 2001 à midi, il est possible de pénétrer dans l’un des derniers espaces inexplorés du château de Chambord.
Contre toute attente, cette fosse, presque rectangulaire et voûtée en berceau, présente aussi de nombreuses traces de repentir. Il reste à étudier attentivement ces vestiges, tant ils paraissent potentiellement liés à d’importantes modifications du plan initial de cette partie de l’aile royale.

Plus loin sur la paroi :

Celui qui comme moi dans le siècle futur
Sera ici par le hasard condui
Comme moi pour graver son nom sur ces tristes murs
Sera obligé d’avoir un flambeau à midi
Defeings

Ici Jadis l’homme fugitif caché peut-être
Avec tous ces trésors
Nomma ces murs fidels dépositaires de ses
Amours, de ses secrets et de ses ors.
Defeings

Par ailleurs, de nombreux graffiti ornent les parois. La plupart consistent en de petits poèmes naïfs du XIXeme siècle. Ils sont signés « Defeings », valet de chambre du comte de Calonne :

Aujourd’hui 30 mars 1845 Defeings domestique de md le comte adrien de Calonne résidant à Chambord, et jacques loreau laboureur chez md Michon, garde général du domaine sont descendu [sic] ici à une heure moins 3 minutes du soir, jours de la quasimodo.
Noter le nommé Laura est le même qui est descendu deux ans plus tôt avec mon prédécesseur ex valet de chambre du comte de Calonne. (
Desfeings)

Juste au-dessus, d’une autre main :

Et 45 ans après le nommé Chassat du Dorat – Haute Vienne – 1890
 

Les géophysiciens peuvent déceler la présence d’une cavité par différentes méthodes. En raison de la configuration du château, et notamment de la présence de béton, l’équipe dirigée par Nicolas Florsch (Université de la Rochelle) a recours à la micro-gravimétrie, technique qui consiste à déduire une absence de masse en un endroit donné – et donc la présence d’un vide –à partir des infimes variations du champ de l’attraction terrestre. Les résultats obtenus sont inattendus. Les résultats confirment bien la présence d’une cavité souterraine, mais son orientation diffère de celle indiquée sur le plan du XVIe siècle. Elle est, en outre, beaucoup plus petite.

Dans le cadre des travaux, la fosse pressentie contre le mur oriental de la pièce est dégagée, et finalement préservée avec l’aménagement d’une trappe pour de futurs accès. L’analyse architecturale permet alors de comprendre qu’il s’agit d’une réduction de la fosse originelle qui, avant d’être partiellement détruite et remblayée, occupait effectivement tout le sous-sol de la vaste salle. Une étude attentive de ces substructions est alors engagée par Simon Bryant (INRAP) dans le cadre de la mission de surveillance archéologique du chantier de l’espace accueil.

La découverte de nouvelles fosses

Sous la tour dite « du chaudron »

En janvier 1999, l’imminence du chantier de réaménagement de l’espace-accueil du château conduit à effectuer une prospection géophysique, afin de déterminer s’il existe des structures souterraines risquant d’être menacées sous les zones concernées par les travaux. En effet, ceux-ci doivent s’étendre jusqu’à l’angle Est de l’enceinte basse où, selon le plan de Jean-Androuet du Cerceau, se trouvaient vers 1576 de larges bancs percés, laissant supposer la présence d’une imposante fosse d’aisance. Comme ces latrines communes ne figurent plus sur les plans postérieurs, il s’agit alors de déterminer si la fosse a été remblayée, ou si elle est simplement devenue inaccessible.

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Le rapport de la campagne de prospections géophysiques de 1999 dans l'aile royaleOuvrir